Bonjour et bienvenue dans notre site, peut-être ou non, vous avez déjà entendu parler de l’expérience de Milgram, c’est une expérience de psychologie publiée en 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram, Milgram essaie de démontrer que tout être humain peut assez facilement être relié à un autre par une chaîne de relations sociales : il s’agit de l’expérience du petit monde.
C’est pourquoi je décidé de vous en parler de cette expérience à travers mon blog, du point de vue c’est un blog consacré à partager des idées sur les expériences scientifiques et le monde où nous vivons, alors je vous demande de bien lire l’article ça vous aidera quand-même à vivre dans la société.
L’expérience de Milgram est une expérience de psychologie publiée en 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Cette expérience évalue le degré d’obéissance d’un habitant des États-Unis du tout début des années 1960 devant une autorité qu’il juge légitime et permet d’analyser le processus de soumission à l’autorité, notamment quand elle induit des actions posant des problèmes de conscience au sujet.
Déroulement de l’expérience
Entre 1960 et 1963, l’équipe du professeur Milgram fait paraître des annonces dans un journal local pour recruter les sujets d’une apparente expérience sur l’apprentissage. La participation dure 1 heure et est rémunérée 4 dollars, plus 50 cents pour les frais de déplacement, ce qui représente à l’époque une bonne somme, étant donné que le revenu mensuel moyen en 1960 est de 100 dollars. L’expérience est présentée comme une étude scientifique de l’efficacité de la punition sur la mémorisation.
La majorité des variantes de l’expérience a lieu dans les locaux de l’université Yale (New Haven, Connecticut) . Les participants sont des hommes et des femmes de 20 à 50 ans, issus de tous les milieux et avec différents niveaux d’éducation. L’expérience telle que présentée met en jeu trois personnages :
- un élève (learner), qui s’efforce de mémoriser des listes de mots et reçoit une décharge électrique en cas d’erreur ;
- un enseignant (teacher), qui dicte les mots à l’élève et vérifie les réponses. En cas d’erreur, il envoie une décharge électrique destinée à faire souffrir l’élève ;
- un expérimentateur (experimenter), qui représente l’autorité officielle, vêtu d’une blouse grise du technicien, et sûr de lui.
L’expérimentateur et l’élève sont en réalité deux comédiens
L’enseignant, qui est le seul sujet de l’expérience réelle visant à étudier le niveau d’obéissance, ou encore la « soumission à l’autorité » se voit décrire les conditions de l’expérience portant prétendument sur la mémoire. On l’informe qu’un tirage au sort avec l’autre participant leur attribuera le rôle d’élève ou d’enseignant. On le soumet à un léger choc électrique de 45 volts pour lui montrer quel type de souffrance l’élève peut recevoir, et pour renforcer sa confiance sur la véracité de l’expérience. Une fois que le cobaye a accepté le protocole, un tirage au sort truqué est effectué, qui le désigne systématiquement comme enseignant.
L’élève est placé dans une pièce distincte, séparée par une fine cloison, et attaché sur une chaise électrique (en apparence). L’enseignant-cobaye est installé devant un pupitre muni d’une rangée de manettes et reçoit la mission de faire mémoriser à l’élève des listes de mots. À chaque erreur, l’enseignant doit enclencher une manette qui, croit-il, envoie un choc électrique de tension croissante à l’apprenant (15 volts supplémentaires à chaque décharge, selon ce qui est écrit sur le pupitre). Le sujet est prié d’annoncer à haute voix la tension correspondante avant de l’appliquer. Naturellement, les chocs électriques sont fictifs.
Les réactions aux chocs électriques sont simulées par l’apprenant. Le comédien qui simule la souffrance a reçu les consignes suivantes : à partir de 75 V, il gémit ; à 120 V, il se plaint à l’expérimentateur qu’il souffre ; à 135 V, il hurle ; à 150 V, il supplie d’être libéré ; à 270 V, il lance un cri violent ; à 300 V, il annonce qu’il ne répondra plus. Lorsque l’apprenant ne répond plus, l’expérimentateur indique qu’une absence de réponse est considérée comme une erreur. Au stade de 150 volts, la majorité des enseignants-sujets manifestent des doutes et interrogent l’expérimentateur qui est à leur côté. L’expérimentateur est chargé de les rassurer en leur affirmant qu’ils ne sont pas tenus pour responsables des conséquences. Si un sujet hésite, l’expérimentateur a pour consigne de lui demander d’agir.
Si un sujet exprime le désir d’arrêter l’expérience, l’expérimentateur lui adresse, dans l’ordre, ces réponses :
- « Veuillez continuer s’il vous plaît » ;
- « L’expérience exige que vous continuiez » ;
- « Il est absolument indispensable que vous continuiez » ;
- « Vous n’avez pas le choix, vous devez continuer ».
Si le sujet souhaite toujours s’arrêter après ces quatre interventions, l’expérience est interrompue. Sinon, elle prend fin quand le sujet a administré trois décharges maximales (450 volts) à l’aide des manettes marquées de trois « X » situées après celles faisant mention d’ « Attention, choc dangereux .
À l’issue de chaque expérience, un questionnaire et un entretien avec le cobaye jouant l’enseignant permet de recueillir ses sentiments et d’écouter les explications qu’il donne de son comportement. Cet entretien vise aussi à le réconforter en lui révélant qu’aucune décharge électrique n’a été appliquée, en le réconciliant avec l’apprenant, et en lui disant que son comportement n’a rien de sadique et est tout à fait normal. Un an plus tard, le cobaye recevait enfin un dernier questionnaire sur son sentiment à l’égard de l’expérience, ainsi qu’un compte rendu détaillé des résultats de cette expérience.
Contexte
L’expérience arrive après l’expérience des prisonniers de la guerre de Corée, où l’on avait constaté qu’environ 15 % des prisonniers restaient réfractaires à tout lavage de cerveau.
Variantes
Au total, dix-neuf variantes de l’expérience avec 636 sujets sont réalisées, permettant ainsi, en modifiant la situation, de définir les véritables éléments poussant une personne à obéir à une autorité qu’elle respecte et à maintenir cette obéissance.
Ces variantes modifient des paramètres comme la distance séparant le sujet de l’élève, celle entre le sujet et l’expérimentateur, la cohérence de la hiérarchie ou la présence de deux expérimentateurs donnant des ordres contradictoires ou encore l’intégration du sujet au sein d’un groupe qui refuse d’obéir à l’expérimentateur.
La plupart des variantes permettent de constater un pourcentage d’obéissance maximum proche de 65 %. Il peut exister des conditions extrêmes allant d’un comportement de soumission à l’autorité élevé (près de 92 %) dans le cas de chocs administrés par un tiers à un comportement de soumission faible (proximité du compère recevant les chocs) ou nul (décrédibilisation de l’autorité).
Analyse de Milgram
En plus des nombreuses variantes expérimentales qui permettent de mettre en valeur des facteurs de la soumission, Stanley Milgram propose dans son livre paru en 1974 une analyse détaillée du phénomène. Il se place dans un cadre évolutionniste et conjecture que l’obéissance est un comportement inhérent à la vie en société et que l’intégration d’un individu dans une hiérarchie implique que son propre fonctionnement en soit modifié : l’être humain passe alors du mode autonome au mode systématique où il devient l’agent de l’autorité. À partir de ce modèle, il recherche les facteurs intervenant à chacun des trois stades :
- Les conditions préalables de l’obéissance : elles vont de la famille (l’éducation repose sur une autorité dans la famille) à l’idéologie dominante (la conviction que la cause est juste, c’est-à-dire ici la légitimité de l’expérimentation scientifique) ;
- L’état d’obéissance (ou état agentique) : les manifestations les plus importantes sont la syntonisation (réceptivité augmentée face à l’autorité et diminuée pour toute manifestation extérieure) et la perte du sens de la responsabilité. Il constate aussi une redéfinition de la situation en ce sens que l’individu soumis « est enclin à accepter les définitions de l’action fournies par l’autorité légitime » ;
- Les causes maintenant en obéissance : le phénomène le plus intéressant parmi ceux relevés est l’anxiété, qui joue le rôle de soupape de sécurité ; elle permet à l’individu de se prouver à lui-même par des manifestations émotionnelles qu’il est en désaccord avec l’ordre exécuté.
A contrario, Stanley Milgram s’oppose fortement aux interprétations qui voudraient expliquer les résultats expérimentaux par l’agressivité interne des sujets. Une variante met d’ailleurs en évidence cela, où le sujet était libre de définir le niveau d’intensité. Ici, seule une personne sur les quarante a utilisé le niveau maximal.
Il propose également une série d’arguments factuels pour réfuter les trois critiques qui lui sont le plus souvent adressées : la non-représentativité de ses sujets, leur conviction en ce protocole expérimental et l’impossibilité de généraliser l’expérience à des situations réelles.
Rôle de l’obéissance dans la société
L’obéissance à une autorité et l’intégration de l’individu au sein d’une hiérarchie est l’un des fondements de toute société. Une société a des règles, et par voie de conséquence il existe une autorité, qui permet aux individus de vivre ensemble et empêche que leurs besoins et désirs entrent en conflit et mettent à mal la structure de la société. Ayant posé cela, Stanley Milgram ne considère pas l’obéissance comme un mal. Pour résumer sa pensée, ce qui est dangereux, c’est l’obéissance aveugle.
Un moteur de l’obéissance est selon lui le conformisme. Lorsque l’individu obéit à une autorité, il est conscient de réaliser les désirs de cette autorité. Avec le conformisme, l’individu est persuadé que ses motivations lui sont propres et qu’il n’imite pas le comportement du groupe. Ce mimétisme est une façon pour l’individu de ne pas se démarquer du groupe. Le conformisme a été mis en évidence par le psychosociologue Solomon Asch dans son expérience réalisée dans les années 1950. Les variantes de l’expérience de Milgram avec plusieurs pairs « désobéissants » ont montré que le sujet se range alors le plus souvent du côté du groupe et n’obéit plus lui non plus. Ainsi, si l’obéissance d’un groupe veut être assurée, il faut faire en sorte que la majorité de ses membres adhère aux buts de l’autorité.
Processus de l’obéissance chez l’individu
L’homme est un être social, mais cela ne l’empêche pas d’avoir une certaine autonomie.
État agentique
Lorsque l’individu obéit, il délègue sa responsabilité à l’autorité et passe dans l’état que Stanley Milgram appelle « agentique ». L’individu n’est plus autonome, c’est un « agent exécutif d’une volonté étrangère
Milgram expliquera aussi par la suite que le comportement de la plupart des Allemands (et collaborateurs) sous l’Allemagne nazie était explicable par cette expérience. En effet, ils suivaient selon lui les ordres d’une autorité qu’ils respectaient et étaient un des multiples « maillons » de la chaîne de l’extermination des Juifs. Un conducteur de train était ainsi « déresponsabilisé » de son travail, tout comme le gardien du camp, etc., et pouvait ainsi attribuer la responsabilité de ses actes à une autorité supérieure.
Rôle de la tension
Le maintien de l’individu dans un état agentique dure aussi longtemps que s’exerce le pouvoir de l’autorité et qu’elle n’entre pas en conflit avec le comportement du groupe (le conformisme) et un certain niveau de tension ou d’anxiété personnel.
La tension que ressent l’individu qui obéit est le signe de sa désapprobation à un ordre de l’autorité. L’individu fait tout pour baisser ce niveau de tension ; le plus radical serait la désobéissance, mais le fait qu’il ait accepté de se soumettre l’oblige à continuer à obéir. Il fait donc tout pour faire baisser cette tension, sans désobéir. Dans l’expérience de Milgram, des sujets émettent des ricanements, désapprouvent à haute voix les ordres de l’expérimentateur, évitent de regarder l’élève, l’aident en insistant sur la bonne réponse ou encore lorsque l’expérimentateur n’est pas là ils ne donnent pas la décharge convenable exigée. Toutes ces actions visent à faire baisser le niveau de tension. Lorsqu’il n’est plus possible de le faire diminuer avec ces subterfuges, le sujet désobéit purement et simplement.
Implications
Dans son livre, Stanley Milgram ne cherche pas à couper sa démarche scientifique de la société contemporaine. Sans pour autant mélanger les genres, il fait fréquemment référence tant aux situations d’obéissance de la vie quotidienne qu’aux grands événements. La Seconde Guerre mondiale et en particulier la Shoah ont ainsi joué un grand rôle dans le choix de Stanley Milgram de s’intéresser à l’obéissance. Il mentionne souvent le procès d’Adolf Eichmann. Il soutient la journaliste et philosophe Hannah Arendt qui, dans ses reportages controversés, soutient que ce criminel de guerre est plus un bureaucrate qu’un cruel antisémite. L’épilogue de son livre Soumission à l’autorité est pour une bonne part consacré à la guerre du Viêt Nam et au massacre de Mỹ Lai.
Il insiste sur le fait que les situations d’autorité des régimes fascistes ne sont pas absentes des sociétés occidentales :
« Les exigences de l’autorité promue par la voie démocratique peuvent elles aussi entrer en conflit avec la conscience. L’immigration et l’esclavage de millions de Noirs, l’extermination des Indiens d’Amérique, l’internement des citoyens américains d’origine japonaise, l’utilisation du napalm contre les populations civiles du Viêt Nam représentent autant de politiques impitoyables qui ont été conçues par les autorités d’un pays démocratique et exécutées par l’ensemble de la nation avec la soumission escomptée. »
Il finit d’ailleurs son livre en faisant sienne une citation de Harold Laski :
« … la civilisation est caractérisée, avant tout, par la volonté de ne pas faire souffrir gratuitement nos semblables. Selon les termes de cette définition, ceux d’entre nous qui se soumettent aveuglément aux exigences de l’autorité ne peuvent prétendre au statut d’hommes civilisés. »
Utilité de l’expérience de Milgram
L’expérience de Milgram permet d’étudier le processus de soumission à l’autorité. Dans l’expérience, le volontaire obéit à des ordres simples, il pense torturer ou tuer Bob avec les chocs électriques, uniquement dans le but de faire correctement le travail qui lui a été demandé.
Les résultats de Milgram ont montré que 62 % des volontaires ont administré les chocs, au risque de blesser ou de tuer Bob. Il démontre ainsi que toute personne est capable d’effectuer les pires atrocités si l’autorité qui donne l’ordre de le faire est, à ses yeux, légitime. Même en cas d’objection de conscience, la plupart des personnes ayant participé à cette expérience étaient capables de poursuivre la torture.
Cette expérience très particulière a beaucoup été remise en question par la communauté scientifique, en particulier en raison des conditions de laboratoire et non de vie réelle. Elle a été reproduite dans d’autres pays jusque dans les années 80 avec des résultats allant de 50 à 87 % de soumission. Quel que soit le pays, l’époque, le sexe et le niveau d’éducation, ce taux reste très haut.
les conséquences sur le sujet
Les conséquences de l’expérience de Milgram sont difficiles à accepter. Elle démontre une obéissance humaine inconditionnelle à l’autorité, quelle que soit sa désapprobation ou sa conscience. Cette soumission a en réalité plusieurs explications :
- la volonté de tenir à ses engagements, et de maintenir une cohérence avec ses choix (la pression sociale de devoir « tenir ses promesses » par exemple) ;
- le conformisme avec les personnes autour de soi ;
- la peur de réprimande ou de punition en cas d’insoumission ;
- la volonté de faire plaisir à l’autre ;
- le confort de l’obéissance par rapport à la résistance ;
- le conditionnement à l’obéissance depuis l’enfance.
Cette expérience particulière renvoie donc à une réalité présente en chaque être humain. Avoir conscience de cette obéissance inconditionnelle permet de se sentir moins passif, et de prendre du recul sur sa vie quotidienne. De nombreuses situations familiales, professionnelles, ou sociales, peuvent faire appel à ce conditionnement de soumission, et faire oublier le libre arbitre.
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